L’autre jour je décide de faire un grand ménage. Je fais un blitz » MarieKondo » dans la maison. Ma stratégie? Me débarrasser de tout ce que j’accumule depuis trop d’années. Au moins de ce qui ne me procure plus aucune joie. Il pleut, c’est une journée parfaite. Je commence à vider mes tiroirs fourre-tout, les boîtes de plastique, les petites boîtes en carton, enfin, tout ce qui peut renfermer des objets inutiles.
Bien vite, je me retrouve assise parterre, un sourire béat à mes lèvres, littéralement perdue dans mes souvenirs étalés autour de moi. Voyez-vous, ce ménage je l’ai fait des dizaines de fois et, il y a certains objets que je garde depuis trop d’année. La grosseur de la boîte grossi au fil des objets que j’accumule dans vie. Elle me fait penser au fameux tiroir de la maison, celui qui recueille toutes les choses que l’on ne sait pas où mettre. Il y en a un dans chaque appartement, dans chaque maison. Aucune thématique. Aucune ségrégation. Il accepte tout jusqu’au jour où il déborde et peine à fermer.
Alors me voilà assise au beau milieu de tous ces objets pêle-mêle. Sans me faire prier, je plonge dans le passé et ses souvenirs qui m’émeuvent. Une carte postale envoyée d’Europe, une petite pierre volcanique ramassée lors d’un voyage au Mexique, une carte de membre d’un centre sportif qui a fermé il y a dix ans, une clé, puis une autre, et une troisième…
Au bout de quelques heures, le contenu de mes tiroirs et de mes boîtes jonche dans la pièce en petits monticules. Évidemment, le plus volumineux est celui des objets que j’ai décidé de garder… du moins encore un peu. Il y a des objets pour lesquels j’ai un attachement sentimental instantané et chaque fois que je les sors pour faire un ménage il m’est impossible de m’en déposséder. Le plus petit tas est celui des objets dont je me départis sans aucun regret. J’avoue, il est minime.
Mon regard s’arrête sur un amoncellement de clés diverses. Je commence par les compter. Au total, il y en a 37. Certaines sont minuscules, comme par exemple des clés de valises, d’autres ont des formes bizarres, alors que certaines sont encore accrochées à des porte-clés. Je regarde ces clés et je me demande à quoi peuvent-elles bien servir ? Je lance un regard furtif autour de moi et constate qu’il y a peu d’objets avec une serrure. Je réalise que certaines de ces clés m’ont probablement été léguées par ma famille. Léguées de génération en génération. Honnetement, je ne peux pas posséder autant de clés. D’un geste vif, j’empoigne les clés et les fais glisser vers la petite pile d’objets à jeter. Puis, je me ravise. Et si je jetais une clé importante? Je me dit alors que je dois les éliminer de façon logique….
Toutes les clés importantes de ma vie son sur mon porte-clés, celles qui me rendent des services occasionnels sont dans une boîte spéciale. Je cherche sur le Web : que faire avec de vieilles clés? On me propose au moins 20 solutions : des bijoux, des porte-clés ou des sculptures. Euh, non… Je découvre que certains clavissophiles aiment les vieilles clés avec un style original. Les miennes sont ordinairement laides.
Le téléphone sonne. C’est ma cousine Marie-Plume.
– Salut, qu’est-ce que tu fais? me demande-t-elle.
– Du ménage. J’ai trouvé un paquet de clés et je ne sais pas quoi faire avec.
– Jette-les! me répond-elle
– Mais si je jetais une clé importante?
– Il te manque une clé?
– Non, mais si un jour, je tombais sur une serrure dont j’avais oublié l’existence et que j’avais jeté la clé.
– Tu appelles un serrurier…
On a tous besoin d’une Marie-Plume dans nos vies. Une personne terre-à-terre qui n’imagine pas des situations phantasmagoriques. Allez voir pourquoi tant d’anxiété m’habite pour des clés que je traîne dans des boîtes depuis des dizaines d’années et que pas une seule fois, j’ai eu à ouvrir ces tirroirs en me disant, ma foi, je crois que j’ai la clé à quelque part. Allez comprendre pourquoi même en entendant la voix de la raison, j’ai encore remis toutes ces clés dans une boîte en me disant, on ne sait jamais, je vais au moins les garder jusqu’au prochain ménage. Juste au cas-où.














